Agir efficacement : comprendre avant d’intervenir
Le radon : un gaz du sol avant tout
Animé notamment par un ingénieur de recherche du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), spécialiste de la qualité de l’air intérieur, et complété par les interventions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et du groupe Qualitel, le webinaire revient d’abord sur les mécanismes d’entrée du radon dans les bâtiments et sur les enjeux associés pour la qualité de l’air intérieur.
Le radon est un gaz radioactif naturel présent dans certains sols. Dans les bâtiments, lorsqu’on mesure plusieurs centaines de Bq/m³ (becquerels par mètre cube, unité de mesure de l’activité radioactive), il provient majoritairement du sol.
Deux mécanismes expliquent son transfert vers l’intérieur :
- la diffusion, par laquelle le gaz traverse progressivement les matériaux ;
- la convection, liée aux différences de pression : un bâtiment chauffé peut se retrouver en légère dépression et aspirer l’air du sol à travers les défauts d’étanchéité.
Comprendre ces phénomènes permet d’orienter efficacement les choix techniques.
Étancher, ventiler, agir sous le bâtiment
Les intervenants détaillent ensuite les trois leviers techniques mobilisables :
- renforcer l’étanchéité entre le sol et le bâtiment ;
- améliorer la ventilation des locaux, indispensable pour diluer le radon mais aussi l’ensemble des polluants de l’air intérieur ;
- traiter le sous-bassement (vide sanitaire, sous-sol, dallage), soit par ventilation, soit par SDS (système de dépressurisation des sols), qui consiste à créer une pression plus faible sous le bâtiment pour limiter les flux entrants.
Les retours d’expérience montrent qu’une action isolée est rarement suffisante lorsque les niveaux sont élevés. Les solutions sont plus efficaces lorsqu’elles sont combinées.
Construction neuve et existant : des stratégies différenciées
En construction neuve, l’approche est préventive : intégrer dès la conception des dispositions limitant les transferts depuis le sol et, si nécessaire, prévoir l’activation ultérieure d’un système de dépressurisation.
Dans les bâtiments existants, la démarche repose sur des mesures, puis sur un diagnostic technique du bâtiment encadré par une norme méthodologique.
Un webinaire pour structurer l’action des collectivités
En croisant principes scientifiques, retours d’expérience et rappels réglementaires, ce webinaire aide les collectivités territoriales, souvent propriétaires ou gestionnaires d’ERP (établissements recevant du public), à mieux comprendre les marges de manœuvre techniques et les points de vigilance.
L’objectif n’est pas de proposer une solution unique, mais de donner des repères pour orienter un diagnostic, hiérarchiser les actions et inscrire la gestion du radon dans une démarche cohérente de qualité de l’air intérieur.