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Verre 2050 : les défis d'une filière omniprésente dans notre quotidien

Avec plus de 5 millions de tonnes produites chaque année, 3 types de verres sont fabriqués, principalement destinés au bâtiment, à l’automobile, aux emballages ou à l’isolation. Une filière performante en recyclage pour certains usages mais encore dépendante d’énergies fossiles. La vidéo « Verre 2050 – de la fabrication à la décarbonation », présentée par Antoine Deswaziere, ingénieur « décarbonation de l’industrie des matériaux » à l’ADEME, décrypte ses défis et ses pistes de transition.

Décarbonation de l'industrie

Vidéo

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Source : ADEME

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    Antoine Deswaziere, ingénieur décarbonation de l’industrie des matériaux, ADEME.

    Ah ! J'ai 10 ans. Je suis sûr que vous reconnaissez ce verre, la star de nos cantines, celui de nos écoles primaires, celui qui ne se casse presque jamais. Et saviez-vous qu'il a été produit ici, en France ?

    Dans cette vidéo, on va justement s'intéresser à ses procédés de production, aux usages du verre et aussi à ses impacts environnementaux.  

    Il existe trois types de verre. D'abord, le verre plat, que l'on retrouve dans les bâtiments, dans les transports. Le verre creux, qu'on retrouve dans les emballages agroalimentaires, la pharmacie, la cosmétique, mais aussi les arts de la table, comme ce verre. Et enfin, la laine de verre, qui sert pour l'isolation thermique des bâtiments. Il existe aussi d'autres types de verre aux usages bien spécifiques, comme par exemple la fibre de verre.

    La France possède une grande industrie verrière dans tous ces secteurs. Aussi, on recycle très bien les emballages en verre, avec plus de 80 % des déchets qui sont collectés, traités et puis renvoyés vers des usines de production de verre.

    En plus de ce verre recyclé, pour produire du verre, on utilise du sable. Ce mélange est introduit dans un grand four à plus de 1 200 °C, pour être fondu avant d'être mis en forme. C'est vraiment l'étape la plus importante du procédé de production.

    Pour faire fondre ce verre, cela nécessite énormément de chaleur, et cette chaleur est majoritairement apportée par la combustion de gaz fossile . Ainsi, l'industrie du verre représente plus de 3 % des émissions de gaz à effet de serre de toute l'industrie.

    1. Le premier défi pour l'industrie verrière sera de transiter de ces énergies fossiles vers des énergies bas carbone, par exemple l'électricité. Des solutions existent déjà. Pour des petits fours, il est déjà possible de les transformer en les passant au tout-électrique. Pour des plus grands fours de verre creux et de verre plat, c'est plus compliqué et des besoins d'innovation sont encore nécessaires. En revanche, il existe une alternative : ce sont les fours hybrides, qui fonctionnent à la fois à l'électricité et au gaz. Il suffira alors de substituer ce gaz fossile par des gaz renouvelables.
    2. Le deuxième défi sera l'augmentation du recyclage du verre en France, dans tous les secteurs : à la fois ceux qui sont matures, comme les emballages, mais aussi les nouveaux secteurs comme le verre plat issu du bâtiment.
    3. Le troisième défi repose aussi sur le changement de nos modes de consommation. Par exemple, en se tournant vers des emballages réemployables plutôt que des emballages à usage unique, ou encore par l'utilisation de produits en verre écoconçus, c'est-à-dire plus légers, mieux recyclés et plus durables.

    À l'ADEME, on réalise justement des scénarios pour éclairer ces défis à horizon 2050. 

    Ce sont les plans de transition sectoriels.

    Pour l'industrie du verre, deux scénarios ont été réalisés :

    1. Le premier s'appelle « Réemploi, écoconception et relocalisation », et il est basé sur davantage de sobriété et des changements de modes de consommation.
    2. Le second s'appelle « Électrification massive et autres défis technologiques ». Il est en totale opposition avec le premier et a davantage recours à des technologies plus ambitieuses pour décarboner l'industrie verrière.

    Pour en savoir plus sur le verre ou nos scénarios, vous pouvez aller consulter l'infographie ou lire la synthèse du plan de transition de l'industrie verrière.

    Enfin, si vous voulez découvrir d'autres secteurs industriels, vous pouvez aller regarder les vidéos de mes collègues, par exemple sur l'industrie chimique ou l'industrie du sucre.

Situer les enjeux techniques et climatiques d'un matériau clé

De la matière au geste industriel : comment se fabrique le verre en France

Cette vidéo présente le rôle central du verre, présent dans la construction et les transports (verre plat, laine de verre), la pharmacie, la cosmétique ou les arts de la table (verre creux). La France possède une industrie verrière complète, produisant plus de 5 millions de tonnes de verre par an et affichant un taux de recyclage qui peut monter jusqu’à 80 % pour le verre d’emballage.

La vidéo détaille ensuite la fabrication : un mélange de verre recyclé et de sable, fondu dans un four à plus de 1 200 °C avant mise en forme. Cette étape, la plus énergivore du procédé, repose encore largement sur la combustion de gaz fossile, ce qui explique que la filière représente plus de 3 % des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie française. Ces éléments rappellent que le défi est lié à la capacité du secteur à réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

Trois défis majeurs et deux scénarios pour transformer la filière d’ici 2050

La vidéo met en lumière les trois grands défis qui attendent l’industrie du verre. Le premier porte sur la sortie des énergies fossiles vers des énergies bas carbone, avec des fours qui pourront demain fonctionner à l’électricité, au renouvelable ou grâce à des solutions hybrides. Le second rappelle que, malgré un excellent taux de recyclage, un gisement important reste peu valorisé, notamment dans le bâtiment. Le troisième touche directement nos usages : plus de réemploi, moins d’emballages à usage unique, davantage de produits en verre écoconçus.

Pour éclairer ces transformations, l’ADEME propose deux scénarios à 2050 : l’un fondé sur la sobriété et la relocalisation, l’autre sur une électrification massive appuyée par des technologies plus ambitieuses. Deux visions opposées, qui montrent que la décarbonation dépend autant des choix techniques que de nos comportements.

En trois minutes, la vidéo donne ainsi les clés pour comprendre ce qui peut faire évoluer une filière omniprésente vers un modèle plus sobre, plus efficace et plus durable.