Antoine Deswaziere, ingénieur décarbonation de l’industrie des matériaux, ADEME.
Ah ! J'ai 10 ans. Je suis sûr que vous reconnaissez ce verre, la star de nos cantines, celui de nos écoles primaires, celui qui ne se casse presque jamais. Et saviez-vous qu'il a été produit ici, en France ?
Dans cette vidéo, on va justement s'intéresser à ses procédés de production, aux usages du verre et aussi à ses impacts environnementaux.
Il existe trois types de verre. D'abord, le verre plat, que l'on retrouve dans les bâtiments, dans les transports. Le verre creux, qu'on retrouve dans les emballages agroalimentaires, la pharmacie, la cosmétique, mais aussi les arts de la table, comme ce verre. Et enfin, la laine de verre, qui sert pour l'isolation thermique des bâtiments. Il existe aussi d'autres types de verre aux usages bien spécifiques, comme par exemple la fibre de verre.
La France possède une grande industrie verrière dans tous ces secteurs. Aussi, on recycle très bien les emballages en verre, avec plus de 80 % des déchets qui sont collectés, traités et puis renvoyés vers des usines de production de verre.
En plus de ce verre recyclé, pour produire du verre, on utilise du sable. Ce mélange est introduit dans un grand four à plus de 1 200 °C, pour être fondu avant d'être mis en forme. C'est vraiment l'étape la plus importante du procédé de production.
Pour faire fondre ce verre, cela nécessite énormément de chaleur, et cette chaleur est majoritairement apportée par la combustion de gaz fossile . Ainsi, l'industrie du verre représente plus de 3 % des émissions de gaz à effet de serre de toute l'industrie.
- Le premier défi pour l'industrie verrière sera de transiter de ces énergies fossiles vers des énergies bas carbone, par exemple l'électricité. Des solutions existent déjà. Pour des petits fours, il est déjà possible de les transformer en les passant au tout-électrique. Pour des plus grands fours de verre creux et de verre plat, c'est plus compliqué et des besoins d'innovation sont encore nécessaires. En revanche, il existe une alternative : ce sont les fours hybrides, qui fonctionnent à la fois à l'électricité et au gaz. Il suffira alors de substituer ce gaz fossile par des gaz renouvelables.
- Le deuxième défi sera l'augmentation du recyclage du verre en France, dans tous les secteurs : à la fois ceux qui sont matures, comme les emballages, mais aussi les nouveaux secteurs comme le verre plat issu du bâtiment.
- Le troisième défi repose aussi sur le changement de nos modes de consommation. Par exemple, en se tournant vers des emballages réemployables plutôt que des emballages à usage unique, ou encore par l'utilisation de produits en verre écoconçus, c'est-à-dire plus légers, mieux recyclés et plus durables.
À l'ADEME, on réalise justement des scénarios pour éclairer ces défis à horizon 2050.
Ce sont les plans de transition sectoriels.
Pour l'industrie du verre, deux scénarios ont été réalisés :
- Le premier s'appelle « Réemploi, écoconception et relocalisation », et il est basé sur davantage de sobriété et des changements de modes de consommation.
- Le second s'appelle « Électrification massive et autres défis technologiques ». Il est en totale opposition avec le premier et a davantage recours à des technologies plus ambitieuses pour décarboner l'industrie verrière.
Pour en savoir plus sur le verre ou nos scénarios, vous pouvez aller consulter l'infographie ou lire la synthèse du plan de transition de l'industrie verrière.
Enfin, si vous voulez découvrir d'autres secteurs industriels, vous pouvez aller regarder les vidéos de mes collègues, par exemple sur l'industrie chimique ou l'industrie du sucre.