Mesurer le poids réel du numérique pour mieux agir
De la fabrication des équipements aux réseaux, en passant par les centres de données, le numérique représente en France 4,4 % de l’empreinte carbone, soit presque autant que les poids lourds.
Sur cette part, 50 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) sont liées à la fabrication et au fonctionnement des équipements, et 46 % aux data centers. Ces chiffres rappellent que l’impact du numérique dépasse largement les seuls usages en ligne et repose en grande partie sur l’infrastructure matérielle.
Le numérique concentre aussi 11 % de la consommation électrique des Français, soit 65 TWh, quand la consommation électrique totale de l’Île-de-France est de 66,6 TWh. Et ces données, datées de 2022, ne reflètent pas l’essor de l’intelligence artificielle générative. Cette évolution rapide laisse entrevoir une augmentation potentielle des besoins énergétiques, renforçant l’importance d’adopter des pratiques plus sobres.
Pour réduire ces impacts, plusieurs stratégies peuvent être adoptées :
- intégrer les enjeux écologiques dans la conception des produits ou services numériques,
- repenser l’utilisation des équipements en allongeant leur durée de vie,
- mettre en place une politique d’achat plus sobre...
Ces leviers permettent d’agir à la fois sur la fabrication, l’usage et la fin de vie des équipements.
Des repères clairs et concrets pour sensibiliser et agir
Le changement de comportements vis-à-vis du numérique, individuellement ou collectivement, passe surtout par une prise de conscience. Dans cette perspective, l’ADEME et Impact CO2 ont développé ce simulateur pour sensibiliser aux impacts de nos usages numériques. Il constitue un outil pédagogique accessible, utile pour visualiser les ordres de grandeur et engager des démarches plus responsables.
En quelques clics, l’outil permet de personnaliser les usages et d’estimer l'équivalent CO2 (CO2e) émis par semaine et par an. Ces données sont ensuite comparées avec des équivalents concrets, pour mieux identifier les bons ordres de grandeur. Par exemple, 50 e-mails sans pièce jointe envoyés depuis un smartphone connecté au Wifi émettent autant d’émissions que 188 kilomètres en scooter. Ces comparaisons facilitent la compréhension et rendent les impacts plus tangibles.
Ce simulateur propose également de comparer l’impact des usages avec celui de la construction : la majorité de l’empreinte numérique provient d’abord de la fabrication des appareils, et pas de l’usage de ces derniers. Par exemple, la construction d’un smartphone a un impact carbone de 79,3 kg CO2e, alors qu’un an d’e-mails représente 0,27 kg CO2e. Cette mise en perspective aide à identifier les leviers d’action les plus efficaces.
À travers ces comparaisons, le simulateur est un levier efficace dans le cadre professionnel pour :
- informer les collaborateurs, clients ou partenaires sur les émissions de CO2e liées au numérique,
- diffuser des messages de sensibilisation et ressources à large échelle,
- encourager une utilisation plus responsable du numérique, en intégrant le simulateur directement à un site web ou à des outils internes.
Il devient ainsi un support clé pour accompagner la transition vers un numérique plus sobre.