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Biomasse : enjeu stratégique de la transition écologique

La biomasse peut contribuer à remplacer une partie des ressources fossiles et à stocker du carbone, tout en se trouvant au carrefour de nombreux enjeux environnementaux, économiques et sociaux. Dans son avis d'experts « Biomasse : enjeu stratégique de la transition écologique » publié en 2024, l'ADEME explore les conditions d'une mobilisation durable de cette ressource au service de la neutralité carbone, en soulignant les limites, les arbitrages nécessaires et les conditions de durabilité.

Bois énergie

Avis de l'Ademe

  • Entreprise, Collectivité, Association

28 page(s)

Mis à jour le : 29/02/2024

Source : ADEME

Une ressource clé, entre potentiel et équilibre à trouver

Un levier majeur de substitution et de stockage carbone

La biomasse désigne la fraction biodégradable des produits et résidus d'origine biologique, c'est-à-dire la matière vivante qui peut se décomposer naturellement. Elle provient de l'agriculture, de la sylviculture, de la pêche et de certains déchets.

Valorisée en énergie ou en matériaux, elle permet de substituer une partie des ressources fossiles telles que le gaz. Elle contribue aussi au stockage de carbone, dans les écosystèmes comme dans les produits à longue durée de vie, pour la construction, par exemple. L'ampleur de ces bénéfices varie selon les orientations stratégiques retenues et dépend fortement des pratiques de gestion, des usages choisis et des équilibres territoriaux.

Équilibrer ressources et usages : le bouclage biomasse

La biomasse est une ressource renouvelable, tout en restant limitée. C'est pourquoi le bouclage biomasse est central : il consiste à ajuster l'ensemble des usages aux volumes que la ressource peut fournir durablement, au fil du temps et selon les territoires.   

Cet équilibre repose sur un préalable, la préservation des écosystèmes agricoles et forestiers via la transition agroécologique et la gestion durable des forêts. Il s’appuie également sur un levier, la sobriété, alimentaire comme énergétique, afin de limiter les pressions sur les sols, les écosystèmes et les usages existants.

Prioriser les usages pour optimiser les bénéfices

Les usages de la biomasse peuvent entrer en concurrence, ce qui impose de rechercher des compromis. Les besoins alimentaires et le retour au sol, qui préserve la fertilité, sont prioritaires. Ce qui reste peut alors servir à fabriquer des produits biosourcés (matériaux issus du vivant) et des bioénergies (chaleur, carburants), dans une logique de hiérarchisation des usages et de préservation des fonctions écologiques.

Le changement climatique, un facteur d'incertitude majeur

L'accélération du changement climatique impacte directement les écosystèmes : sécheresses, canicules, attaques de bioagresseurs et incendies se multiplient. Le puits de carbone forestier, c'est-à-dire la capacité des forêts à absorber plus de CO2 qu'elles n'en émettent, a été divisé par deux entre 2010 et 2020. Cette situation renforce l'incertitude sur les volumes de biomasse réellement mobilisables et souligne la nécessité d’adapter les pratiques de gestion et les stratégies de mobilisation.

L'adaptation des forêts et des systèmes agricoles est un pilier des stratégies à venir.

Arbitrer entre les différents scénarios

L'avis « Biomasse : enjeu stratégique de la transition écologique » synthétise en 10 enseignements principaux les messages clés issus des scénarios Transition(s) 2050 et des travaux récents sur l’apport de la biomasse dans la transition écologique. Il analyse les conditions à réunir, les compromis à construire et les leviers à mobiliser pour accompagner le développement de la filière. La structuration de la gouvernance notamment est un des leviers majeurs analysé, avec un besoin fort de coordination entre acteurs, territoires et usages.