Du bois brûlé aux particules dans l'air : comprendre le cycle
Des polluants primaires et secondaires
L'utilisation du bois comme énergie génère des émissions de particules fines qui varient selon les usages, les appareils et les conditions de combustion. Ces particules fines issues de la combustion du bois sont des polluants primaires, directement émis par les appareils. Elles se distinguent par leur composition chimique et leur taille :
- les PM10, d'un diamètre inférieur à 10 µm,
- les PM2,5, d'un diamètre inférieur à 2,5 µm, incluses dans la fraction PM10.
Ces deux paramètres déterminent leur toxicité. Des polluants secondaires se forment ensuite dans l'atmosphère à partir de ces émissions, sous l'effet du rayonnement solaire, de l'humidité et de la chaleur. La qualité de l'air respirée dépend ainsi des émissions locales, de la météorologie et de la topographie.
Des émissions en baisse, mais un enjeu qui reste majeur
Les émissions de PM2,5 du chauffage domestique au bois ont diminué de 61 % entre 1990 et 2023, grâce notamment aux actions suivantes :
- le remplacement progressif des appareils anciens,
- le développement des poêles à granulés,
- la baisse des cheminées ouvertes.
Les écarts entre appareils restent considérables : pour une même production de chaleur, un foyer ouvert émet 260 fois plus de particules qu'un poêle à granulés. Les chaufferies bois collectives et industrielles, bien qu’en hausse depuis 1990, restent très inférieures au chauffage domestique avec 3 % des émissions nationales de PM2,5 en 2023. En moyenne nationale, le secteur résidentiel contribue à 18 % des concentrations de PM2,5 dans l'air ambiant, avec des pics dépassant 40 % dans certaines vallées alpines en hiver.
La réduction des émissions passe par la qualité des appareils et du combustible, leur entretien, et des politiques locales comme les Plans de protection de l'atmosphère (PPA) ou les Zones à faibles émissions (ZFE).
Un document de référence pour comprendre et agir
Le document « Le bois énergie et les particules » synthétise les apports de sept experts issus de l'ADEME, du CITEPA, de l’INERIS, du Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air, LCSQA, et du ministère de la Transition écologique. Il couvre les inventaires nationaux d'émissions, les facteurs d'émission par type d'appareil, la modélisation des concentrations dans l'air ambiant et les mesures terrain. Une ressource de référence pour appréhender le rôle du bois énergie dans la qualité de l'air et les leviers mobilisables pour réduire les émissions de particules.