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Quel avenir pour le sucre ? – 3 minutes Top chrono pour la transition !

Premier producteur de sucre en Europe, la France transforme chaque année des millions de tonnes de betteraves destinées à des usages alimentaires, mais aussi à l’énergie ou à la chimie et à la pharmacie. Cette filière essentielle est encore très dépendante de la chaleur issue d’énergies fossiles. Dans « Quel avenir pour le sucre ? – 3 minutes Top chrono pour la transition ! », Martin Mangeart, ingénieur décarbonation de l’industrie à l’ADEME, décrypte le procédé, les usages et les leviers de décarbonation de la filière sucrière.

Décarbonation de l'industrie

Vidéo

  • Toutes cibles

3 minutes

Mis à jour le : 03/10/2025

Source : ADEME

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    Martin Mangeart, ingénieur décarbonation de l’industrie, ADEME.

    Chocolat, biscuits, confiture, on voit vite le point commun qu'il y a entre ces différents produits : ils contiennent tous du sucre. Et la France en est le premier producteur en Europe.

    Dans cette vidéo, on va s'intéresser à la production du sucre en France. On abordera ses usages, son procédé de fabrication et les enjeux de décarbonation du secteur.

    D'abord, les usages. On a trois débouchés principaux :

    1. Le sucre alimentaire.
    2. Le sucre utilisé pour fabriquer de l'alcool, utilisé comme carburant mélangé à l'essence dans nos voitures ou pour faire du gel hydroalcoolique.
    3. Le sucre utilisé par l'industrie chimique ou pharmaceutique directement dans la formulation de certains médicaments.

    En France, 95 % du sucre est issu de betteraves sucrières qui poussent en métropole et 5 % de la canne à sucre qui pousse dans les outre-mers.

    On va donc s'intéresser plus particulièrement au cas de la betterave sucrière. Cette betterave est une cousine de la betterave rouge que l'on consomme crue. Elle est composée de 78 % d'eau, 18 % de sucre et 5 % de fibres et de minéraux.

    Tout l'enjeu, c'est donc d'extraire le sucre de cette plante qui a été fabriqué par photosynthèse. Pour cela, les betteraves sont plongées dans un bain d'eau chaude de façon à enrichir l'eau en sucre. Ensuite, ce jus sucré va être purifié et évaporé afin d'obtenir un sirop de sucre. Ce sirop peut être utilisé pour fabriquer de l'alcool par fermentation ou bien cristallisé par l'ajout de sucre glace dans des grosses marmites. Ce procédé nécessite donc une grande quantité de chaleur fournie sous forme de vapeur par une chaudière au gaz.

    Le secteur représente ainsi environ 3 % des émissions industrielles françaises.

    Pour se passer du gaz, la filière devra renforcer le recyclage de la vapeur qui est issue de l'évaporation du jus sucré. Ça va passer par l'utilisation de la compression mécanique de vapeur, une sorte de pompe à chaleur industrielle qui fonctionne à l'électricité.

    Et pour se passer du gaz au niveau de la chaudière, la filière pourra mobiliser la pulpe de betterave, qui est un coproduit de la fabrication du sucre que l'on peut utiliser sous forme humide, pour fabriquer du gaz par méthanisation, ou bien sous forme déshydratée, directement comme combustible dans la chaudière.

    À l'ADEME, on réalise justement des scénarios qui permettent d'éclairer comment l'industrie lourde peut se transformer et contribuer à l'objectif de neutralité carbone en 2050. Ce sont les plans de transition sectorielle.

    En particulier, dans le secteur du sucre, nous avons réalisé trois scénarios qui se différencient par quatre facteurs structurants.

    1. Le niveau d'électrification de la filière par la compression mécanique de vapeur.
    2. Le niveau d'utilisation de la pulpe de betterave comme ressource énergétique.
    3. Le niveau de résilience de l'agriculture européenne et son ouverture internationale.
    4. Le niveau de réduction de la consommation de sucre alimentaire.

    Pour en savoir plus sur le sucre ou nos scénarios, vous pouvez aller consulter la synthèse du plan de transition sectorielle de l'industrie sucrière.

Comprendre comment se fabrique le sucre et ce qui conditionne sa transition

De la betterave à la cristallisation : éclairer un procédé très énergivore

Dans la vidéo, Martin Mangeart, ingénieur décarbonation de l’industrie à l’ADEME, présente les spécificités d’une filière que l’on connaît surtout à travers ses usages alimentaires.

En France, 95 % du sucre provient de la betterave sucrière, une plante dont on extrait le sucre par diffusion : les betteraves sont plongées dans de l’eau chaude pour obtenir un jus sucré, ensuite purifié, évaporé puis cristallisé.

Ce procédé demande beaucoup de chaleur, fournie sous forme de vapeur par des chaudières au gaz, ce qui explique pourquoi le secteur représente environ 3 % des émissions industrielles françaises.

Une filière en transformation : deux leviers et trois scénarios pour 2050

Cette vidéo explore également les deux grands leviers qui permettront à la filière de réduire son empreinte carbone :

Pour éclairer ces transformations, l’ADEME a construit trois scénarios à l’horizon 2050, différenciés par le niveau d’électrification, l’usage énergétique de la pulpe, la résilience agricole et l’évolution de la consommation alimentaire. Ces différents facteurs montrent que la trajectoire de la filière dépend autant des choix techniques que des dynamiques agricoles et des comportements des consommateurs.

En trois minutes, cette vidéo met en lumière ce qui peut faire évoluer la filière sucrière vers un modèle plus sobre, plus performant et aligné avec la neutralité carbone 2050. Elle ouvre aussi la porte à des contenus complémentaires parmi lesquels la synthèse du plan de transition sectoriel.