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Récupération de chaleur fatale – État des réalisations depuis 2015 et évolutions du gisement à fin 2022

Comprendre ce que la France valorise déjà en chaleur fatale permet de mesurer le potentiel encore mobilisable. L’avis d’expert de l’ADEME « Récupération de chaleur fatale – État des réalisations depuis 2015 et évolutions du gisement à fin 2022 » actualise les données de disponibilité de cette ressource dans l’industrie, les unités de valorisation énergétique, les data centers et les stations d’épuration des eaux usées.

Les essentiels
Décarbonation de l'industrie

Avis de l'Ademe

  • Entreprise

26 page(s)

Mis à jour le : 27/01/2025

Source : ADEME

Lire l'évolution du gisement de chaleur fatale à travers les réalisations menées depuis 2015

Un panorama clair des volumes déjà captés et de ceux qui restent à saisir

La chaleur fatale renvoie à une chaleur produite mais non valorisée, souvent rejetée alors qu’elle pourrait contribuer à la décarbonation. En 2015, le gisement national atteignait l’équivalent de 117,9 TWh/an en chaleur perdue dans l’industrie, les unités de valorisation énergétique (UVE), les data centers et les stations d’épuration des eaux usées (STEP).

Les réalisations engagées depuis 2015 grâce au Fonds Chaleur, aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et au Fonds Décarbonation de l’Industrie (FDI) permettent de récupérer 27,9 TWh/an, soit 23,7 % du gisement initial. Cependant, 90 TWh/an restent mobilisables, dont 85,2 TWh/an dans l’industrie, ce qui redessine les priorités de valorisation et révèle l’ampleur des marges d’action.

Les tendances de fond qui structurent la valorisation de demain

Ce document fait apparaître des profils de chaleur très différents selon les sources : rejets issus de procédés industriels continus, chaleur des fumées des UVE, chaleur numérique des data centers ou chaleur issue des effluents des STEP. Ces contrastes expliquent la diversité des solutions techniques, des niveaux de température et des modalités de raccordement possibles.

Au fil des projets, des tendances fortes se dégagent : qualité accrue des diagnostics de gisement, montée en puissance des réseaux territoriaux, appui croissant des dispositifs publics, mais aussi maintien de gisements complexes à mobiliser du fait de contraintes thermiques, économiques ou de distance.

Ces constats s’accompagnent de recommandations destinées à amplifier l’effort engagé. À l’échelle des sites industriels, la priorité est de systématiser la recherche de récupération de chaleur fatale lors des démarches d’efficacité énergétique et de décarbonation, afin d’intégrer ce gisement dès la conception ou la modernisation des procédés.

À l’échelle des territoires, l’enjeu est d’amplifier l’accompagnement des zones industrielles majeures : mettre en place une gouvernance capable d’animer les projets, conduire des études d’opportunité et de faisabilité, et évaluer les risques propres à chaque développement de réseau de chaleur.

En consolidant l’état des réalisations et du potentiel restant, l’analyse offre un repère stratégique pour guider les décisions, structurer les investissements et inscrire la récupération de chaleur fatale au cœur des trajectoires de décarbonation.