Le gaspillage alimentaire
Chaque année, un tiers des aliments produits dans le monde ne sont finalement jamais consommés. En France, sur près de 9 millions de denrées alimentaires jetées, ce sont plus de 4 millions de tonnes encore comestibles qui sont perdues tous les ans sur l'ensemble de la chaîne alimentaire, soit l'équivalent de 8 milliards de repas jetés à la poubelle. C'est cela le gaspillage alimentaire. Mais pourquoi gaspille-t-on autant ? Tout d'abord, il faut savoir que le gaspillage commence bien avant que la nourriture n'arrive dans nos assiettes. On gaspille lors de la production, de la transformation, du transport, de la distribution des aliments et enfin lorsque nous les consommons. Mais laissons Agathe la patate vous expliquer le gaspillage alimentaire à travers sa propre histoire. Bonjour ! Dans ma famille de patates, on est destinées à devenir des frites surgelées depuis des générations. Mon histoire débute dans le champ où nous avons grandi et le gaspillage a commencé dès la récolte lorsque certaines de mes cousines n'ont même pas été ramassées. Ensuite, on nous a triées, moi on m'a gardée car j'avais les formes parfaites. Mais une patate sur 5 a été éliminée parce que pas assez ronde. Après, direction l'usine pour être taillées en frites. Et là une partie de mon corps a fini à la poubelle parce qu'ils voulaient qu'on ait toutes la même taille. Ils manquent vraiment d'originalité. Et pour les patates qui se sont abîmées ou qui ont été mal découpées, poubelle aussi. Une fois surgelées, on nous a envoyées dans les magasins. Là encore, certaines de mes copines ont fini à la poubelle à cause d'une rupture de la chaîne du froid. Pauvre Marceline. Moi, j'ai eu la chance d'arriver en rayon, mais là encore, plusieurs sachets ont fini à la benne car ils n'ont pas été vendus assez vite ou juste parce qu'ils étaient un peu abîmés. Enfin, je me suis retrouvée dans une assiette et là, la cata, j'entends : "J'ai encore eu les yeux plus gros que le ventre" Et patatras, moi aussi, j'ai fini à la poubelle. En France, les secteurs de la production et de la transformation gaspillent 1,5 million de tonnes chaque année. Pour le secteur de la distribution, c'est 494 000 tonnes de nourriture jetées tous les ans. Les cantines et les restaurants, plus de 500 000 tonnes. Mais c'est à la maison où nous prenons le plus de repas que nous gaspillons le plus. 1,67 millions de tonnes par an, soit 25 kg par personne et par an, dont plusieurs kilos de nourriture encore emballée. Et vous savez quoi ? Les légumes, les fruits et les plats cuisinés sont les plus gaspillés. Le gaspillage alimentaire, c'est une triple absurdité. C'est d'abord une aberration dans un monde où près de 16 % de la population souffre de la faim. En France, c'est une personne sur 10 qui a du mal à se nourrir. Le gaspillage alimentaire a aussi des impacts sur l'environnement. 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France proviennent de l'alimentation. Gaspiller de la nourriture, c'est gaspiller de l'eau et des ressources énergétiques. Enfin, le gaspillage alimentaire, c'est aussi un immense gaspillage d'argent. En France, le gaspillage à la maison représente chaque année 100 € par personne dépensés pour rien. Pourtant, des solutions existent. Que vous soyez producteur, industriel, commerçant ou consommateur, vous pouvez agir à votre niveau pour faire la différence. Les producteurs peuvent proposer le glanage, du don ou de la vente directe des fruits et légumes refusés par les commerçants en raison de leur forme ou de leur taille. Les industriels peuvent assouplir les critères de calibrage et de forme des produits qu'ils achètent au producteurs ou encore développer des emballages innovants pour prolonger la durée de conservation des aliments. Les magasins proposent désormais des réductions sur les produits approchant de leur date de péremption et des marques anti-gaspi qui permettent de vendre des produits imparfaits mais tout aussi bons. Ils doivent aussi donner leurs invendus aux associations d'aide alimentaire qui les redistribuent aux personnes qui en ont besoin. À la cantine, n'hésitons pas à demander la quantité adaptée à notre faim. Au restaurant, si on cale, on peut demander un doggy bag. En faisant nos courses, achetons uniquement les quantités dont nous avons réellement besoin et que nous pouvons consommer avant la date limite. Favorisons les produits à date courte ou non calibrés. À la maison, rangeons les aliments pour consommer en priorité ceux qui sont ouverts ou qui périment le plus vite. Préparons les justes quantités et transformons les restes pour en faire de nouveaux plats. Allez, tous en cuisine et pensez à moi. Agathe la patate qui ne veut plus finir à la poubelle. Retrouvez d'autres informations et des conseils sur le site de l'Ademe : agirpourlatransition.ademe.fr.