Agir sur le trafic routier pour améliorer la qualité de l'air
La pollution de l'air est la première cause environnementale de décès en France. Le trafic routier y contribue de façon majeure, avec une part moyenne de 57 % des émissions d'oxydes d'azote à l'échelle nationale. Cette contribution varie pourtant de 13 à 91 % selon les territoires. Agir efficacement suppose donc de partir d'un diagnostic local précis, croisant plusieurs indicateurs complémentaires plutôt qu'un seul.
25 portraits de territoires français pour se situer
Le premier volet de l'étude dresse 25 fiches territoriales couvrant des agglomérations de toutes tailles et de tous profils. Chacune croise plusieurs indicateurs :
- émissions par habitant,
- densité d'émissions au km²,
- composition du parc de véhicules,
- répartition modale,
- nombre de voitures par ménage,
- taux de logements individuels.
L'étude « Mesures pour modifier le trafic routier en ville et qualité de l'air extérieur » montre qu'aucun indicateur pris isolément ne suffit à expliquer les émissions d'un territoire. Par exemple, l'indicateur « émissions par habitant » augmente avec la diminution de la densité de population. Utilisé seul, il attribue aux habitants des émissions qui ne leur sont pas imputables, notamment quand une autoroute traverse leur territoire. C'est la combinaison des indicateurs qui permet à chaque collectivité d'identifier ses leviers prioritaires.
Ce que les expériences européennes enseignent
Les résultats des actions visant à réduire la présence de la voiture sont globalement positifs à l'échelle locale. À Vienne, une modification de la tarification du stationnement a ainsi entraîné une baisse de 8 % des concentrations de NO2 à l'échelle de la ville. À l'inverse, la création de voies de circulation supplémentaires génère systématiquement une demande induite, c'est-à-dire davantage de trafic. Augmenter les capacités routières ne réduit pas durablement le trafic.
Un outil pour choisir et adapter les mesures à son territoire
Les résultats européens ne se transfèrent pas automatiquement. L'efficacité d'une mesure dépend du contexte local :
- parc de véhicules,
- part de la voiture,
- configuration des rues,
- météorologie.
En croisant portraits de territoires français et expériences européennes, cette synthèse donne aux collectivités des repères pour choisir les mesures adaptées à leur situation.