Isabelle Augeven-Bour, ingénieure thématique, service de la Qualité de l’Air à l’ADEME.
Bonjour à toutes et tous. Avant de s'intéresser à la pollution de l'air, rappelons que l'air est majoritairement constitué d'azote et d'oxygène, mais aussi d'argon et de composés en très petite quantité.
Parmi ces composés, on distingue les gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone ou le méthane, qui sont responsables du changement climatique, et les polluants atmosphériques, qui ont des impacts à plus court terme sur la santé humaine et sur l'environnement.
Les polluants peuvent être soit des particules plus ou moins fines, soit des gaz tels que les oxydes d'azote, l'ammoniac, l'ozone ou les composés organiques volatiles.
Tout d'abord, pourquoi se préoccuper de la pollution de l'air ?
Du fait de ses impacts.
J'en citerai deux catégories.
Les impacts croisés avec le changement climatique.
Par exemple, certains polluants comme l'ozone sont aussi des gaz à effet de serre qui exercent une influence sur le changement climatique.
Un autre exemple : le changement climatique accroît le nombre et l’intensité des périodes de fortes chaleurs facilitant la formation d'ozone.
Et bien sûr, les impacts sur la santé humaine, puisque l'exposition à la pollution de l'air est la première cause environnementale de décès.
La pollution de l'air est impliquée dans de nombreuses maladies, cancers, maladies cardiovasculaires, neurologiques notamment, et elle est aussi responsable des troubles de la fécondité et du développement du fœtus, par exemple.
Ensuite, il est important de retenir que la pollution de l'air est multiple. Ses impacts dépendent de la nature des polluants et donc de leur origine.
Pour mieux comprendre, regardons d'un peu plus près le cycle de la pollution de l'air.
Certains polluants sont émis directement par des sources de pollution naturelles ou humaines. Ce sont les polluants dits primaires.
Les sources de pollution, et donc les émissions, varient selon les lieux et les moments de l'année, de la semaine.
Les sources de pollution sont notamment les phénomènes de combustion comme le chauffage, les brûlages, les véhicules thermiques, ou les phénomènes d’abrasion et d'utilisation d'engrais minéraux ou organiques, par exemple.
Mais cela ne s'arrête pas là. Une fois dans l'air, les polluants réagissent et se transforment.
D'autres polluants, appelés polluants secondaires, sont alors formés dans l'air, notamment sous l'action du rayonnement solaire, de l'humidité ou de la chaleur.
On peut donc retenir que la qualité de l'air que l'on respire à un endroit et à un moment donnés est la résultante de relations complexes qui dépendent des sources de pollution, mais aussi de la météorologie et de la topographie, qui exercent une influence sur la réactivité entre les polluants et sur les mouvements des masses d'air.
Mais comment quantifier les niveaux de pollution, en particulier afin de les surveiller et de fixer des valeurs limites réglementaires à ne pas dépasser ?
Ce sont les concentrations, qui reflètent la quantité de polluants présents dans l'air à un moment et à un endroit donnés.
Ces concentrations prennent en compte à la fois les polluants primaires et les polluants secondaires.
Elles se mesurent en masse de polluants par mètre cube d'air.
Alors attention, la relation entre les quantités de polluants émis et les concentrations que l'on va finalement respirer n'est pas simple et n'est pas non plus proportionnelle.
Cependant, pour faire baisser les niveaux de pollution, le levier d'action est de limiter les émissions de polluants. Et là, nous avons tous la possibilité d'agir.
Pour en savoir plus, vous pouvez aller sur le site ADEME Académie.