Souad Bouallala-Selmi, coordinatrice thématique, service de la Qualité de l’Air à l’ADEME
Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un sujet qu'on oublie souvent. Et pourtant, il nous concerne tous, tous les jours : la qualité de l'air intérieur.
On passe en moyenne 80 à 90 % de notre temps dans des espaces clos : chez nous, au travail, à l'école, dans les transports.
Et ce qu'on ignore souvent, c'est que l'air intérieur peut être jusqu'à cinq fois plus pollué que l'air extérieur.
C'est une pollution invisible mais bien réelle, qui a des effets directs sur notre santé et notre qualité de vie.
Elle peut venir de partout, de l'extérieur, des gaz d'échappement, les émissions industrielles ou agricoles, les pollens, du bâtiment, des peintures, l'école, les meubles, les équipements mal entretenus, le chauffage, la ventilation, du sol, comme le radon, par exemple. Et bien sûr, dans nos gestes quotidiens, quand nous cuisinons, nous bricolons, quand nous utilisons des produits ménagers, et surtout le tabac.
Tous ces polluants libèrent des polluants, des composés organiques volatiles, des semi-volatiles, des particules fines, du monoxyde de carbone, des moisissures, des allergènes, des virus, et un mauvais renouvellement de l'air et de l'humidité impacte également sur la qualité de l'air.
Les effets sur la santé et la vie quotidienne sont immédiats : irritation, fatigue, maux de tête, toux. À long terme, tout cela peut provoquer de l’asthme, des allergies, des maladies respiratoires, voire des cancers.
Ce n'est pas tout : s'il y a un mauvais renouvellement de l'air, à partir de 1000 ppm de dioxyde de carbone, nos capacités cognitives commencent à diminuer.
C'est pourquoi, dans les écoles ou dans les bureaux, une mauvaise qualité de l'air nuit à la concentration, provoque de la somnolence, augmente l'absentéisme.
Une bonne qualité de l'air intérieur est donc indispensable et vitale. C'est une condition essentielle de notre bien-être, de notre santé, de notre capacité à apprendre, à travailler et à vivre.
Face à une pollution invisible mais évitable, nous avons tous un rôle à jouer.
Heureusement, des gestes simples existent : aérer chaque jour au moins dix minutes, même en hiver, entretenir les chauffages, les systèmes de chauffage et de ventilation, choisir des produits d'entretien écologiques labellisés, éviter les sources de pollution comme le tabac ou les parfums artificiels.
Il faut agir ensemble.
Les professionnels du bâtiment ont un rôle clé dès la conception ou la rénovation du bâtiment, et les particuliers peuvent bénéficier de dispositifs d'accompagnement pour les aider à faire les bons choix.
Et surtout, il est important de concilier performance énergétique et qualité de l'air.
Parce qu'un air sain, ce n'est pas juste du confort, c'est un droit, une question de justice sociale et un engagement citoyen.
Alors, agissons ensemble, aérons, choisissons mieux nos produits et plaçons la santé au cœur de la transition énergétique.
Un air sain, c'est une vie meilleure pour toutes et tous.
Plus d'informations sur la qualité de l'air intérieur sur ADEME Académie.