Un avis technique pour éclairer les choix et objectiver les usages
La qualité de l’air intérieur : un enjeu sanitaire majeur
Nous passons l’essentiel de notre temps dans des espaces clos, où l’air peut contenir de nombreux polluants d’origines variées : composés organiques volatils (COV) issus des matériaux, produits d’entretien ou activités humaines, particules fines ou encore sous-produits de combustion. Le risque d'exposition aux polluants dans nos intérieurs n'est pas à négliger. Améliorer la qualité de l’air intérieur constitue donc un levier essentiel de santé publique. Dans ce contexte, plusieurs solutions de traitement de l’air se développent, dont la photocatalyse. En France, le marché de l’épuration de l’air intérieur (toutes technologies confondues et en dehors des sprays désodorisants) est estimé à environ 87 millions d’euros par an en 2017. La technique de la photocatalyse représenterait 17 % des références de produits (en comparaison, la filtration mécanique ou l’ionisation sont deux fois plus référencées).
Photocatalyse : un principe connu, des applications parfois questionnées
La photocatalyse est une technique d’oxydation poussée sous l’action de la lumière (UV) qui va activer un matériau semi-conducteur – le plus souvent à base de dioxyde de titane – capable de transformer certains polluants chimiques présents dans l’air. Cette dégradation de composés organiques est complète à la fin du processus réactionnel avec du dioxyde de carbone et de l’eau. En air intérieur, la photocatalyse peut être intégrée à des matériaux dits passifs (peintures, revêtements, enduits) ou à des systèmes actifs de traitement de l’air, de types épurateurs autonomes ou associés à la ventilation d’un bâtiment (en centrale de traitement de l’air).
Ce que permet l’avis technique de l’ADEME
Publié par l’ADEME, l’avis technique « Épuration de l’air intérieur par photocatalyse » apporte un état des connaissances scientifiques sur cette technique. Il analyse les principes de fonctionnement, les types de dispositifs disponibles, ainsi que les performances d’abattement mesurées dans différentes conditions d’essais. Une attention particulière est portée aux écarts entre les résultats obtenus en laboratoire et ceux observés dans des conditions plus proches des usages réels, représentatives de logements, de bureaux ou d’établissements recevant du public.
Des performances variables et des limites à intégrer
Les performances de la photocatalyse dépendent de nombreux paramètres : nature des polluants, volumes d’air traités, débits d’air épurés, conditions d’éclairage ou encore vieillissement des dispositifs. L’avis met en évidence des résultats hétérogènes, ainsi que des points de vigilance, notamment la formation possible de sous-produits lors de dégradations incomplètes et le manque de recul sur certains effets sanitaires. Il souligne également la nécessité de référentiels d’évaluation partagés et de démarches de certification ou de vérification par une tierce partie.