Alba Departe, coordinatrice Alimentation durable, ADEME.
D'après vous, quand vous faites vos courses, quels sont les principaux critères environnementaux à prendre en compte pour réduire l'impact environnemental de votre assiette ?
Est-ce que c'est la provenance des aliments ? Leur saisonnalité ? Les modes de production ? Est-ce que c'est la distance entre votre domicile et le lieu d'achat ?
Toutes vos pratiques alimentaires vont avoir un impact sur ce bilan environnemental, et ça aura des répercussions sur le climat, sur la biodiversité, sur la qualité de l'eau ou encore la qualité des sols.
Nos choix alimentaires sont conditionnés par plein de facteurs : ce qu'on aime manger bien sûr, ce qu'on a appris à cuisiner, ce qu'on estime être bon pour notre santé ou pour l'environnement. Ça va dépendre aussi de l'offre alimentaire dont on dispose : les lieux d'achat qu'on va avoir à proximité de notre domicile, les aliments qu'on va trouver en rayon, leur prix et puis ce que le magasin aussi va mettre en avant dans ses rayons, en tête de gondole.
On identifie trois grands leviers pour réduire l'impact environnemental de notre alimentation :
- Le premier, c'est de produire des aliments à faible impact. S'il y a une chose à retenir, c'est que l'étape agricole de production des aliments représente les deux tiers de ce bilan. La nature des productions, les modes d'élevage, de culture vont avoir un fort impact sur ce bilan.
- Le deuxième levier, c'est de faire évoluer les pratiques des consommateurs. Aller vers une alimentation plus végétale, de saison, bio, va être à la fois meilleur pour l'environnement mais aussi meilleur pour la santé.
- Le troisième levier, c'est de réduire le gaspillage alimentaire à toutes les étapes, du producteur jusqu'au consommateur. Aujourd'hui, c'est plus de 9 millions de tonnes de déchets alimentaires qui sont jetées chaque année, dont la moitié qui aurait pu être largement évitée.
Au-delà de ces trois leviers de réduction de l'impact environnemental, il faut aussi tenir compte de différents autres enjeux. Un enjeu de santé publique : une mauvaise alimentation va contribuer à l'apparition de différentes maladies, comme les maladies cardiovasculaires, certains cancers. Un enjeu de juste rémunération pour les producteurs. Et puis, à l'autre bout de la chaîne du système alimentaire, un enjeu de justice sociale pour les consommateurs.
Dans un contexte où la précarité alimentaire a fortement augmenté ces dernières années, il y a aussi un enjeu à ce que les aliments à faible impact et de bonne qualité soient accessibles pour tous.
Pour aller vers une alimentation plus durable, c'est l'ensemble des acteurs du système alimentaire qui doivent faire évoluer leurs pratiques, des producteurs jusqu'aux consommateurs, en passant par les transformateurs, les distributeurs et les collectivités qui vont avoir un rôle clé à jouer pour accompagner cette transition du système alimentaire.
Pour en savoir plus, je vous invite à suivre la formation « Les fondamentaux de l'alimentation durable » disponible sur ADEME Académie.