Tristan Bourvon, coordinateur Logistique & Transport de marchandises à l’ADEME.
Des colis comme celui-ci, chaque Français en reçoit environ 25 par an.
Commander en ligne et se faire livrer, c'est devenu pour beaucoup d'entre nous un geste banal du quotidien, qui demande pourtant une logistique bien huilée pour que le colis arrive jusqu'à chez nous.
Mais est-ce que vous saviez que la logistique, c'est en fait bien plus que la tournée du livreur ?
On va découvrir ça ensemble.
En réalité, la logistique permet à toute notre économie de fonctionner, un peu comme le sang qui irrigue nos artères.
Elle permet d'apporter les matières premières dans nos usines, puis d'acheminer les produits qui en sortent jusqu'à leur destination pour qu'on puisse se nourrir, s'habiller, construire des bâtiments, bref, quasiment tout faire.
Au total, c'est un secteur qui représente 10 % de PIB et 2 millions d'emplois, soit autant que toute l'industrie française.
Pour autant, tout cela ne se fait pas sans impacts.
Quand on cumule les camions, les entrepôts, les emballages et les courses des consommateurs, on se rend compte que la logistique représente 16 % des émissions de gaz à effet de serre de la France.
C'est beaucoup, et ça ne compte même pas les importations qui viennent de l'étranger.
Alors, heureusement, il y a des solutions pour réduire ces impacts et nous aider à atteindre nos objectifs climatiques.
On peut les résumer en trois piliers : la sobriété, le report modal et le verdissement de l'existant.
La sobriété, c'est le premier pilier.
Ça consiste à réduire les distances et les quantités transportées.
Ça peut passer par de la relocalisation, une meilleure optimisation des flux de transport ou des modèles de consommation qui nécessitent de transporter moins de biens.
Par exemple, les circuits courts alimentaires permettent de réduire les flux de transport de 70 %.
Ensuite, le deuxième pilier, c'est le report modal.
Le report modal, ça veut dire faire passer les marchandises qui sont dans des camions ou des avions, qui sont les modes de transport les plus polluants, vers le train, les barres fluviales ou les navires en mer, qui sont beaucoup plus efficaces en énergie.
En ville, on peut aussi avoir recours à la cyclo-logistique, par exemple.
Enfin, troisième pilier, le verdissement de l'existant.
Verdir, ça va consister à investir dans des camions électriques, qui émettent cinq fois moins de CO2 que les camions diesel.
Ça va aussi consister à réduire les emballages qu'on utilise pour la logistique, par exemple en les rendant réutilisables ou plus légers.
Et puis, il y a le sujet des entrepôts, qui ne doivent pas se développer de manière incontrôlée, au risque de générer trop d'artificialisation des sols, mais qui permettent, lorsqu'ils sont situés dans des nœuds stratégiques, de faciliter l'optimisation du transport et donc de réduire les émissions.
Enfin, si vous devez retenir une chose, c'est qu'il n'y a pas de solution miracle.
Tous ces leviers doivent être actionnés simultanément en impliquant les entreprises, la puissance publique et les citoyens, pour réussir le défi de la transition écologique.
Quel que soit votre profil, l'ADEME propose des connaissances pour en savoir plus et des outils pour agir, que vous pouvez découvrir sur la plateforme ADEME Académie.