Julia Meyer, ingénieure au service de sobriété numérique SONUM, ADEME.
Savez-vous qu'acheter un smartphone neuf a un fort impact sur l'environnement ? Le numérique peut être à la fois un adversaire et un allié dans la lutte contre la crise environnementale.
D'un côté, il pourrait permettre de décarboner certains secteurs comme l'énergie, le transport, l'alimentation, etc. De l'autre, en 2020, c'est déjà 2,5 % de l'empreinte carbone nationale et 10 % de la consommation électrique française. Et c’est des chiffres qui sont plutôt sous-estimés, puisqu'une partie du périmètre n'est même pas encore modélisée.
Ce que l'on sait déjà, en tout cas, c'est que si rien n'est fait, l'empreinte carbone pourrait croître de manière exponentielle. En plus, la production de nos appareils repose sur des ressources qui sont extraites dans des conditions souvent désastreuses. Par exemple, dans un smartphone, il y a plus de 50 métaux, et certains sont critiques.
Donc, une question se pose : est-ce qu'on aura suffisamment de ressources pour mener à la fois la transition écologique et la transition numérique ?
Alors, que faire ? D'abord, limitons le nombre d'appareils que l'on possède, et puis privilégions des appareils qui sont plus réparables ou reconditionnés. L'objectif, c'est de garder nos équipements le plus longtemps possible. Aussi, il faut déployer la sobriété numérique dans nos usages. Dans un contexte où les limites planétaires sont dépassées, la sobriété numérique, c’est une démarche qui est indispensable et qui consiste à questionner son besoin et ses usages dans un objectif d'équité et d'intérêt général.
C'est complémentaire avec une démarche d'efficacité qui se concentre sur la phase d'usage des équipements. La sobriété numérique, elle, vise à réduire l'impact environnemental du numérique de façon absolue, mais aussi limiter la massification technologique qui se base sur de l'IA par exemple, qui demande une consommation énergétique encore plus importante.
Cela veut dire également remettre en question des modèles économiques comme ceux basés sur l'économie de l'attention, qui visent à prolonger notre temps en ligne, mais aussi traitent beaucoup de données, ce qui augmente la demande énergétique.
En somme, le numérique est un outil puissant et il nous appartient de l'utiliser de manière plus judicieuse et de réduire notre dépendance à ces outils si on souhaite les utiliser dans le futur. En limitant nos usages, c'est aussi moins de stress au quotidien et plus de temps passé avec nos proches.
Si le sujet vous intéresse, continuez à vous former sur la sobriété numérique via le parcours sur ADEME Académie, vous allez faire des découvertes surprenantes.