Un gisement de décarbonation à portée de main
Une majorité de Français vit à portée de marche ou de vélo
La plupart des besoins du quotidien (commerces, écoles, médecins...) se trouvent à moins de 4 km du domicile pour 76 % des Français, soit environ 15 minutes à vélo. Ce potentiel varie fortement selon les territoires : 99 % en zone urbaine, 93 % en périurbain et 36 % en zone rurale. Pour la marche, qui couvre environ 1 km en 15 minutes, les écarts sont plus marqués : 70 % de la population en ville, 32 % en périurbain, 8 % en zone rurale, ce qui souligne l’importance du contexte territorial dans les politiques de mobilité active.
Deux projections et des émissions en baisse jusqu’à 31 %
L'avis évalue le potentiel de la marche et du vélo selon deux approches complémentaires.
La première généralise les meilleures pratiques françaises actuelles à l'ensemble du territoire. Dans ce scénario, la part modale de la marche passe de 24 % à 31 % et celle du vélo de 3 % à 8 %. Les émissions de gaz à effet de serre et de polluants baissent de 15 % sur la mobilité locale, soit 8 millions de tonnes de CO2 évitées par an.
La seconde évalue un potentiel théorique maximal à partir de l'analyse des boucles de déplacements quotidiennes des Français. Dans son scénario le plus ambitieux, le vélo pourrait représenter jusqu'à 50 % des déplacements et 25 % des kilomètres parcourus, avec une baisse des émissions qui atteint 31 %, un ordre de grandeur qui illustre le rôle structurant du vélo dans les mobilités locales.
Trois conditions pour concrétiser ce potentiel
Pour que ces chiffres deviennent réalité, l'avis identifie trois grands chantiers :
- développer les infrastructures favorables à la marche et au vélo dans tous les types de territoires, et pas seulement en ville,
- favoriser la vie de proximité : commerces, emplois, lieux de loisir et de sport doivent se rapprocher des habitants,
- lever les freins spécifiques au vélo en permettant de l'utiliser à tout âge, augmenter la portée des déplacements grâce aux réseaux express vélo et au vélo à assistance électrique..., afin de rendre ces modes accessibles au plus grand nombre.
Quels enjeux pour les politiques publiques ?
L'avis « Contribution du développement de la marche et du vélo à la décarbonation et à l'amélioration de la qualité de l'air » fournit aux collectivités des chiffres et des éléments d’analyse pour accompagner leurs politiques de mobilité active. Au-delà du climat et de la qualité de l'air, il rappelle que développer la marche et le vélo, c'est aussi gagner sur la santé, le bruit et la vitalité des commerces de proximité, autant de co-bénéfices utiles à intégrer dans les stratégies territoriales.