Comprendre la consommation d'ENAF et les leviers de la réforme ZAN
Chaque année, 24 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers disparaissent en France — soit près de 5 terrains de football chaque heure. L’habitat en concentre 63 %, les activités économiques 23 %, et les infrastructures routières et ferroviaires 8 %.
Face à ce constat, la France s’est fixé un cap clair : atteindre le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d’ici 2050, et diviser par 2 la consommation d’ENAF d’ici 2031.
La consommation d’ENAF (espaces naturels, agricoles et forestiers) traduit concrètement la pression exercée sur les sols. La définition de la consommation d’ENAF renvoie à la transformation effective d’un champ, d’une forêt ou d’une prairie en zone bâtie, ce qui fait progresser l’artificialisation. Cet indicateur permet de mesurer les dynamiques locales, de suivre les efforts de sobriété foncière et de mettre en lumière les progrès accomplis. Il complète la mesure de l’artificialisation nette, qui tient compte de la renaturation des sols.
Pour réduire durablement la consommation d’espaces, plusieurs leviers sont proposés :
- recycler les 170 000 hectares de friches recensés à l’échelle nationale,
- mobiliser 1,1 million de logements vacants pour limiter l’étalement urbain,
- densifier avec qualité et renforcer la présence de nature en ville,
- soutenir les activités économiques en requalifiant les zones existantes.
Les bénéfices d’un aménagement plus sobre sont nombreux : jusqu’à 10 % d’économie d’énergie pour les ménages, moins de CO₂ émis (jusqu’à 290 t/ha évitées) et des coûts publics réduits par l’optimisation des réseaux.
Accessible et pédagogique, ce guide synthétique aide les collectivités à comprendre la définition de la consommation d’ENAF, à planifier la sobriété foncière et à construire des territoires plus durables, attractifs et résilients.